Qu'est-ce qu'un ushabti ? Le répondant de la tombe en Égypte
Un ushabti est une petite figurine en forme de momie que les anciens Égyptiens plaçaient dans une tombe pour qu'elle travaille à la place des morts dans l'au-delà. Quand les dieux appelaient le défunt à creuser, semer ou transporter du sable, la figurine devait s'avancer et répondre à sa place. Les Égyptiens les appelaient aussi shabtis et, dans des graphies plus anciennes, shawabtis.
Ce que c'est
Un ushabti est un travailleur de substitution. La plupart sont momiformes : un corps enveloppé aux bras croisés, tenant en général une houe, une pioche ou une corde de panier qui marque la figurine comme ouvrier des champs. Beaucoup portent aussi le nom et les titres du propriétaire à côté d'un court sort.
Le nom est généralement rattaché au mot égyptien wsb, « répondre », d'où la traduction fréquente d'ushabti par « le répondant ». Une lecture plus ancienne le relie plutôt à swb, un bâton. Les trois graphies suivent davantage le temps que le sens : shabti et shawabti sont les formes anciennes, ushabti la plus tardive, devenue la norme au premier millénaire av. J.-C.
Origines et histoire
L'idée est plus ancienne que les figurines que la plupart imaginent. Un précurseur du sort apparaît sur des cercueils du Moyen Empire, apparenté au Texte des cercueils 472. Au Nouvel Empire, le texte fut fixé comme chapitre 6 du Livre des morts, la version gravée dans d'innombrables figurines plus tardives.
Les dates du Nouvel Empire varient selon les spécialistes, d'environ 1570 à 1069 av. J.-C. dans certaines références à quelque 1550 à 1070 av. J.-C. dans d'autres. L'écart relève de la chronologie dynastique, non d'un doute sur le fait que c'est alors que l'ushabti devint un élément standard du mobilier funéraire.
Rôle dans la croyance funéraire
Les Égyptiens imaginaient l'au-delà comme une meilleure copie de la vie terrestre, travail compris. Les morts bienheureux étaient censés creuser des canaux d'irrigation, cultiver les champs et déplacer du sable dans le royaume d'Osiris. Le sort shabti confie ce devoir à la figurine. Il dit à l'ushabti que, lorsque le propriétaire est appelé « à rendre les champs cultivables, à inonder les berges ou à porter le sable d'est en ouest », il doit répondre : « Me voici. »
Cette seule phrase explique les outils. Une figurine tenant une houe est prête à labourer ; une avec un panier, à transporter. C'est le sort, et non la sculpture, qui était censé donner vie au travailleur.
D'une figurine à une armée
Les sépultures du début du Nouvel Empire pouvaient ne contenir qu'une seule figurine soignée. Au fil des siècles, la coutume s'est étendue jusqu'à ce qu'une tombe riche en contienne des centaines. Le jeu idéal s'est fixé à 401 : 365 travailleurs, un pour chaque jour de l'année, supervisés par 36 contremaîtres, un pour chaque semaine de dix jours du calendrier égyptien.
Les contremaîtres sont faciles à repérer. Ils apparaissent à la Troisième Période intermédiaire (env. 1069–747 av. J.-C.), vêtus du long pagne d'un fonctionnaire de la vie quotidienne et tenant un fouet, les bras n'étant plus croisés sur la poitrine. Chaque contremaître devait tenir environ dix travailleurs, transformant une boîte de figurines en une petite équipe organisée.
Un ensemble que l'on peut encore voir
Le Metropolitan Museum conserve une partie d'un vrai jeu qui montre comment la théorie a rencontré la pratique. Environ 400 shabtis furent enterrés avec une femme nommée Nauny à Deir el-Bahari au début de la XXIe dynastie, vers 1050 av. J.-C. Des figurines recensées, 355 étaient des travailleurs et 37 des contremaîtres, proches de l'idéal de 365 et 36 mais sans correspondance exacte. Elles étaient rangées dans sept boîtes ; cinq sont venues au Met et deux sont parties au Caire.
C'est aussi pourquoi les ushabtis remplissent les vitrines des musées. Hormis les scarabées, ce sont les objets les plus nombreux à avoir survécu de l'Égypte antique, fabriqués en telle quantité que des jeux entiers pouvaient sortir de moules.
Ce que montre l'archéologie
Matériau et qualité suivaient la période et le budget du propriétaire. Les figurines du Nouvel Empire sont souvent en bois ou en pierre, mais la faïence était employée aussi, jusque pour la royauté : la figurine en faïence de Ramsès VI du Met (env. 1143–1136 av. J.-C.) montre le roi tenant deux houes, son cartouche remanié dans l'Antiquité à partir d'un souverain antérieur. À partir de la XXIe dynastie, la faïence bleu vif aux détails noirs devint la norme, et les meilleurs ateliers de la Basse Époque produisirent les figurines les plus raffinées de toutes.
Dans votre scène
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