Qu'est-ce que Mjolnir ? Le marteau de Thor, du mythe au métal
Mjolnir est le marteau de Thor, le dieu nordique du tonnerre. Dans la littérature islandaise médiévale, il fracasse les géants et bénit les mariages. À l'ère viking, on portait à travers la Scandinavie, les îles Britanniques et la Baltique des marteaux miniatures en pendentif, et un millier d'entre eux ont survécu.
Ce que c'est
Dans le mythe, Mjolnir fut forgé par des nains, les frères Brokkr et Sindri dans le récit de Snorri Sturluson. Snorri le décrit dans l'Edda en prose comme court de manche mais imbattable comme arme : lancé sur une cible, il revient toujours à la main. Le nom se rattache probablement à de vieux mots pour broyer ou pour foudre, mais l'étymologie exacte n'est pas tranchée.
Les objets que les archéologues appellent Mjolnirs ne sont pas des armes. Ce sont de petites amulettes, portées généralement tête en bas sur un anneau ou une boucle. La plupart sont simples, coulées en fer ou en argent, sans décor. Une centaine seulement sont finement travaillées, à motifs poinçonnés ou en filigrane, sur le millier connu.
Origines et histoire
Les pendentifs en forme de marteau appartiennent surtout au Xe siècle, avec une fourchette du IXe au XIe siècle. On les trouve dans tout le monde nordique : le Danemark, la Suède et la Norvège en livrent le plus, mais on en connaît aussi d'Angleterre, des pays baltes et des voies fluviales de l'est vers la Russie.
Longtemps, l'identification a reposé sur le contexte plutôt que sur la preuve. Les pendentifs se concentraient dans des zones païennes, apparaissaient près d'images de Thor et reposaient dans les mêmes tombes que d'autres objets rituels, si bien que les historiens y lisaient le marteau du dieu. La forme seule n'était pas concluante. Certains pendentifs-marteaux et croix chrétiennes se ressemblent assez pour qu'une même pièce puisse se porter dans un sens ou dans l'autre, et les deux symboles se trouvent parfois ensemble, comme par double assurance.
Rôle dans la croyance de l'ère viking
Le marteau de Thor était un signe de protection plus qu'un insigne de rang. Le Musée national du Danemark souligne que les pendentifs-marteaux se rencontrent dans les tombes de femmes aussi souvent que d'hommes, et les lit comme des amulettes, non comme quelque chose de spécifiquement masculin. Hommes et femmes en portaient.
Leur conservation est inégale. Beaucoup de sépultures vikings étaient des crémations, et les marteaux de fer simples se corrodent et disparaissent, de sorte que les pièces d'argent décorées sont surreprésentées dans les vitrines par rapport à la fréquence qu'eurent jadis les pièces simples.
Un marteau qui se nomme lui-même
Malgré toutes les preuves indirectes, aucun pendentif ne disait vraiment ce qu'il était, jusqu'en 2014. Cette année-là, un détectoriste, Torben Christjansen, trouva un marteau à Købelev, sur l'île danoise de Lolland, et le signala au musée local. Il est en bronze coulé, avec des traces de placage d'étain ou d'argent et d'or, à peine 2 cm, aujourd'hui au Musée national du Danemark sous le numéro C 40005 et daté par la base de données runique de l'université de Copenhague de 900 à 1000 apr. J.-C.
Le long de la tête court une courte inscription runique, les mots « hmar » et « is », séparés par une marque en forme de croix, translittérée hmar : is et lue « ceci est un marteau ». C'est le seul pendentif-marteau jamais trouvé portant des runes, et cette seule ligne trancha le vieux débat : les critiques avaient jugé la tête trop symétrique ou le manche trop court pour un vrai marteau, mais l'artisan viking l'avait étiqueté sans ambiguïté. Des fragments d'un moule à fibule trouvés à proximité laissent penser que la pièce fut faite dans un atelier local.
Ce que montre l'archéologie
La trouvaille de Købelev est exceptionnelle, mais elle s'inscrit dans un large schéma. On connaît environ un millier de pendentifs-marteaux, la grande majorité simples et sans décor. Au-delà des pendentifs, le marteau de Thor apparaît dans d'autres contextes de l'ère viking : il est invoqué pour la protection dans des charmes runiques comme l'amulette de Kvinneby d'Öland, et il fut coulé dans des moules pouvant produire marteaux et croix côte à côte. L'image est celle d'un symbole commun et portatif, porté pour la sécurité plus que pour l'apparat.
Dans votre scène
Un pendentif-marteau rend bien sur un coffre funéraire, un autel ou la ceinture d'un PNJ. Gardez-le petit : la plupart des originaux ne mesurent que quelques centimètres, comme la pièce de Købelev. Notre pack Viking Ritual Relics comprend un modèle d'amulette de Mjolnir pour accessoires rituels et mobilier funéraire.